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L'économie Syrienne à l'épreuve de 10 ans de guerre civile (2021)

  • 9 oct. 2024
  • 12 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 déc. 2024


Pour lire mon analyse post chute de Bachar-al-Assad (décembre 2024) : Syrie, la révolution à la bifurcation




Carte de la Guerre civile Syrienne de 2024


Depuis la chute de l’État Islamique (EI) en 2018 la Syrie est divisée en trois zones. Sur l’axe de l’autoroute M5 Deraa-Damas-Alep le régime de Bachar el-Assad a retrouvé un contrôle politique incomplet. S’il fut sauvé de la défaite promise en 2015 par l’intervention iranienne, et surtout russe, il en paye le prix fort en étant partiellement inféodé à ses parrains. Le dernier reste de la Syrie révolutionnaire de 2011 se limite au Nord-Est de la région d’Idlib et celle du nord du gouvernorat d’Alep. Cette région est contrôlée par la Turquie, à l’aide de milices plus ou moins obéissantes à Ankara regroupées sous le nom d’Armée Nationale Syrienne. Environ quatre millions d’habitants, surtout des déplacés vivent dans cette « Zone de Sécurité », comme l’appelle Ankara. La région d'Idlib échappe en partie à l’influence Turque car contrôlée par l’ancienne branche d’Al Qaeda : HTS. A l’Est du pays, l’AANES plus connu sous le nom de Rojava est contrôlé par la milice kurde du YPG, ennemi juré de la Turquie. En 2018, grâce à un puissant soutien occidental elle s’est emparée des territoires de l’EI habités par des arabes, avec lesquels elle a fondé un proto-état démocratique très marqué par une idéologie socialiste. Par ailleurs, sur les 20 millions d’habitants que comptait le pays en 2011, douze millions ont dû fuir leurs foyers, dont près de la moitié a dû partir à l’étranger. 


Une destruction des institutions politiques, économiques, et territoriales. 


Les modalités du déroulement de la guerre interétatique sont foncièrement différentes de celles d’une guerre civile. Celle-ci se fonde sur le rétrécissement de l’État, la démobilisation massive des ressources, et la désorganisation totale de l’économie. Si l’État Syrien a pu surmonter l’épreuve de la révolution par le maintien de son armée, ses capacités organisatrices, productives, et administratives ont été presque réduites à néant. Cela est dû d’une part à l’érosion considérable de ses capacités financières. En 2021, le budget n’a jamais été aussi maigre de toute la période de la guerre.  8 500 milliards SYP, avec un déficit de 30%. Cela est dû d’une part à la destruction de l’appareil productif qui rend le pays dépendant des importations, qui se réalisent uniquement en dollars. Or la crise libanaise de 2020, doublée d’une décision de toutes les banques libanaises de cesser de prêter des dollars à l’Etat, ont provoqué une diminution considérable des capacités du régime à se procurer des devises étrangères. L’hyperinflation devient donc la règle, et le dollar s’échange sur le marché noir contre 4000 SYP, alors que le rapport était de 50 pour un en 2010. En outre, le départ dans une proportion inconnue d’une part importante de la classe moyenne (Ceux qui quittent le pays sont surtout ceux qui en ont les moyens) sape sa capacité à lever l’impôt. D’autant plus que l’ONU estime qu’en 2019, 83 % des Syriens vivaient sous le seuil de pauvreté. La Syrie d’avant la guerre avait principalement une économie axée sur les services, fortement dépendante du commerce de gros et de détail, des recettes touristiques et, dans une moindre mesure, de la fabrication, des hydrocarbures et de l'agriculture. Son système économique était miné par des logiques clientélistes liées au clan Assad au pouvoir, et par une corruption déjà très présente. Cette économie s’est rétractée selon la Banque Mondiale à 60% de son niveau de 2011. 

L’économie dans la guerre se singularise par une rétraction massive, doublée d’une localisation de la production et de la consommation. Le tissu industriel par exemple : un rapport gouvernemental estimait qu’en 2016, sur les 40 000 usines en activité en 2010 dans le gouvernorat d’Alep, le plus industrialisé du pays, seules 4 000 étaient encore en opération (10 %), le reste était soit détruit, soit délocalisé en Turquie.  Les investissements se concentrent dans les régions épargnées par la guerre, car habités par des minorités fidèles au régime : Sweida (territoire Druze) (bien que cela soit incertain en 2024) et la côte syrienne (alaouite).  L’agriculture a subi un sort similaire, aggravée par l’exode massif des ruraux vers les villes. En effet, la coupure des voies de communication, l’insécurité et la désorganisation des circuits d’apprivoisement en eau ont quasiment fait disparaître l’agriculture intensive. L’activité agricole se limite donc aujourd’hui à une agriculture de subsistance. Toute cette économie de guerre est informelle et auto-organisée. 


Un pays sorti partiellement des flux économiques mondiaux : 


La crise libanaise de 2020 a considérablement renforcé les effets du Caesar Act étasunien de 2019 (Interdiction de tout investissement en Syrie loyaliste) : l’État Syrien se retrouve de plus exclu des réseaux financiers internationaux car il ne peut plus se fournir en devises étrangères et les banques libanaises ne peuvent plus accueillir ses liquidités. L’inflation ne s’arrête pas et provoque un appauvrissement continu de la population dans les territoires contrôlés par le régime. En outre, Damas choisit pour l’instant de se focaliser sur sa survie et la répression de l’opposition, en négligeant la reconstruction d’un tissu administratif permettant un retour de l’économie normale. Les titres de propriété ont par exemple disparu en grand nombre, l’infrastructure financière est dégradée, l’expropriation reste courante. Le gouvernement a promulgué la loi 10 en 2018 qui pourrait priver les réfugiés de leurs biens, s’ils sont accusés de terrorisme. Il paraît donc peu probable que des acteurs économiques étrangers choisissent d’investir dans le pays. 

Toutefois, la contraction des circuits économiques officiels ne signifie pas que le pays se coupe totalement de la mondialisation. De nouvelles connexion avec l’étranger apparaissent, informelle et difficilement chiffrable. En particulier entre la toute récente diaspora de réfugiés et les populations restées au pays. Ainsi est réapparu le système du Hawala : les transferts d’argent ne sont plus via les compagnies bancaires (qui ont quasiment disparues) mais des intermédiaires informels via un système de lettre de change. Par ailleurs, l’aide des ONGs, pas toujours officialisées aux yeux de l’État (seul un très faible nombre d’ONGs validées par le régime sont présentes en Syrie loyaliste) financent des projets de développement, bien que cela reste modeste. En outre, la contrebande avec l’étranger, notamment de pétrole et d’antiquités s’est considérablement intensifiée depuis 2011 et connecte le pays aux réseaux criminels internationaux. Enfin, la guerre syrienne est une guerre par procuration entre différentes puissances qui financent chacun des groupes armés opposés (en dollars ou en livre Turque) ce qui participe à l’intensification des destructions, mais paradoxalement permet de faire vivre une partie de la population. Cela montre une évolution de la guerre dans l’ère de la mondialisation : fermeture des frontières, mais ouverture à l’international via des réseaux informels. Notons que tout cela s’applique à un degré moindre au Rojava, où l’économie est faiblement soutenue par les Occidentaux et dans la Zone de sécurité, totalement intégrée à l’économie Turque.


Une économie réduite et fragmentée.


Cette guerre civile se caractérise par une coupure des voies intérieures dû à la multiplication des zones de conflits qui coupent le pays en territoires poreux mais ennemis. En effet, différents acteurs imposent des taxes variables aux points de passages qui quadrillent le territoire. La macroéconomie du pays devient donc négative par l’apparition de l’économie de passage : une économie prédatrice qui profite de la fragmentation territoriale pour imposer un racket sur tous les flux intérieurs possible. Cela provoque la diminution de l’accès d’un grand nombre aux circuits de distribution. L’économie se rétracte, et se localise. Les équipements centraux (barrages, centrales électriques, raffineries) deviennent également des points stratégiques à contrôler afin de taxer toute la zone qui en dépend. Cette économie de guerre cause également la disparition ou du moins la mise en retrait des frontières illégale/légale. Les groupes armés ne cherchent pas à développer l’économie, mais à capter le plus possible de ressources de quelque nature qu’elles soient. La Syrie est donc devenue une plaque tournante du commerce illégal des stupéfiants, des armes et des antiquités au Moyen-Orient . Cela se traduit au quotidien par une gouvernance dégradée. Par exemple, les conseils civils (organe de représentations des locaux d’une ville) de la région de Deraa, avant sa reprise par le régime en 2018, tentent de créer des tribunaux afin d’encadrer les désaccords entre civils et rebelles. L’ASL en réaction, crée ses propres tribunaux concurrents dans le seul but de régler les différends entre groupes armés sur le partage des gains. La victoire militaire du régime n’a pas provoqué la fin de ces comportements dans ses territoires, car cette victoire est très incomplète et ces comportements (contrebande, taxation illégale de flux) sont en grande partie antérieurs à la guerre et liés à la corruption de l’État Syrien. Ils pourront donc se perpétuer après le retour à la paix. D’autant plus que d’après un rapport de 2017 de la Banque Mondial les pertes causées par la perturbation économique dû au conflit dépassent d’un facteur 20 celle des destructions militaires. Plus le conflit dure, plus la récupération sera difficile. 

Tout cela ne doit pas occulter les adaptations des acteurs économiques civils et les restructurations des circuits économiques. Lorsque les groupes armés et les conseils locaux parviennent à s’entendre, comme entre 2011 et 2019  dans la région d'Atareb, proche d'Idlib, une activité économique même réduite peut se développer, notamment dans le raffinage de pétrole, ou dans la construction de panneaux solaires. Par ailleurs, tous les phénomènes que nous avons listés provoquent une restructuration majeure des logiques territoriales. La guerre civile en Syrie a conduit, au moins temporairement, à annuler les effets des actions centralisatrices menées depuis l’indépendance. Par exemple, le contournement du Liban à travers la construction des ports de Lattaquié et d’autoroutes organisées par le régime n’a pas survécu à la guerre et Beyrouth est redevenu le port de Damas. Alep, autrefois capitale économique, est désormais totalement satellisée dans la zone d’influence économique Turque.  On observe également la résurgence des liens tribaux transfrontaliers. On peut supposer que la Syrie et le Liban ne reviendront pas à la situation antérieure et que la dynamique de la guerre civile créera une nouvelle donne sociale, économique et spatiale.


Le Rojava & la Zone de Sécurité Turque.  


La restructuration économique du territoire est considérablement amplifiée par la coupure du pays en trois zones soumises à trois forces politico-militaires à la gouvernance très différente. La moitié Est du pays, contrôlée par le YPG est devenue de facto un proto-état à l’économie socialiste configurée selon l’idéologie du confédéralisme démocratique, issu de l’intellectuel anarchiste Murray Bookchin. Les trois quarts des terres agricoles sont, selon le ministère de l’économie local, placées sous propriété communautaire. Le capitalisme est en principe rejeté, afin de favoriser les coopératives et l’écologie. La gouvernance kurde est moins soumise à la caste guerrière, et la corruption y semble moins prégnante. Sous blocus de la Turquie et de ses alliés, le Rojava dépend pour son développement des occidentaux, très réticent à investir dans un territoire aussi isolé. Ainsi à l’été 2020 la compagnie américaine Delta Crescent Energy annonçait déployer ses activités sur le terrain pour le raffinage du pétrole ce qui aurait permis le redémarrage d’installations industrielles et un meilleur approvisionnement en carburant. L’administration Biden a finalement obligé la compagnie à se retirer de Syrie en mai 2021. Isolé géographiquement et militairement, les populations kurdophone vivant dans le nord du pays consacrent l’essentiel de leurs ressources à des fins militaires et doivent affronter dans le centre de la Syrie une insécurité croissante causée par Daech dans les zones où vivent les populations arabophones. Notons que la Turquie qui contrôle le débit de l’Euphrate baisse continuellement le niveau d’élévation d’eau du fleuve, ce qui handicape l’agriculture de la région. Il existe également de grandes disparités entre les zones arabes et les zones kurdes, les premières étant sujette à un fort niveau d’insécurité et ayant été victime des combats intensifs entre Daech et la coalition, réduisant par exemple une ville comme Raqqa à l’état de ruine. En octobre 2019 la Turquie a tenté de mettre fin à ce projet d’autonomie kurde par l’offensive « Source de paix », car elle estime que le Rojava est un premier pas vers les revendications indépendantistes de sa propre minorité kurde. Bien que l’offensive ait été stoppée par l'arrivée d’un contingent russe, la situation est loin d’être sous contrôle. 



A l’ouest du pays, la Turquie s’est emparée des zones adjacentes des villes d’Azaz, d’Afrin et d’Idlib, contrôlant environ 5% du territoire Syrien. Cette zone nommée « zone de sécurité », forme un proto-État contrôlée théoriquement par deux gouvernements rebelles. L’un islamiste à Idlib, l’autre séculier à Azaz, mais de facto contrôlé par l’Etat Turque en collaboration avec les conseils civils locaux. L’objectif de la Turquie est à la fois de sécuriser cette zone, afin d’y renvoyer les millions de migrants syriens qu’elle accueille et également d’y créer un territoire tampon entre elle et ses ennemis kurdes et russes. La politique Turque consiste donc à développer économiquement la zone, et de la « Turquifier ». La gouvernance est assurée par des fonctionnaires arabes supervisés par des Turques, la livre Turque y a totalement remplacé la livre Syrienne, les inscriptions sont bilingues arabe/turque, et l’armée Turque y est omniprésente. Ajoutons que la région est reliée au réseau électrique voisin, ce qui en fait une des seules du pays à n’avoir aucune coupure de courant quotidienne. Ankara par ailleurs a réussit à discipliner les groupes armés rebelles, en les intégrant dans son Armée Nationale Syrienne. Cela permet de mettre fin à nombre de pratiques prédatrices. L’économie est fortement soutenue par des investissements transfrontaliers, mais le développement de la région est compromis par la persistance de la guerre. Le régime Syrien et ses alliés n’entendent pas abandonner la région et soumet le territoire à des bombardements réguliers. La situation est celle d’un conflit gelé : l’armée Turque, largement supérieure à son homologue syrienne empêche la reprise de la zone par Damas, mais ce dernier rappelle son droit à gouverner tout son territoire par des attaques sanglantes, qui empêchent la région de se stabiliser. D’autant plus que l’ancienne branche d’Al Qaeda contrôle Idlib, ce qui fait craindre de voir se transformer la ville en une «  nouvelle bande de Gaza ».


Une Irakisation de la Syrie ? 


La situation syrienne semble donc évoluer vers une irakisation : le pays n’a plus de contrôle sur son propre destin, et dépend du bon vouloir des puissances étrangères, qui s’affronte par procuration sur son territoire. L’Iran, qui a sauvé le régime en 2013 par l’envoi massif de miliciens, s'est implanté dans l’appareil d’État Syrien. En échange de ce soutien, Téhéran a obtenu que le régime intègre ses proxys dans son appareil de sécurité. Téhéran participe donc au contrôle d’aéroports, de postes frontières et d’installations pétrolières syriennes. Cela pose deux désavantages majeurs à Damas :  d’une part, les opérations militaires sont décidées par Moscou et Téhéran et sa propre armée est soumise à des jeux de loyauté entre différents pays. D’autre part, Israël refuse de voir l’Iran s’implanter aussi près de ses frontières et mène des bombardements quasi hebdomadaires sur les installations iraniennes en Syrie. L’armée loyaliste qui ne dispose que de systèmes de missiles S300 est incapable de menacer les F35 Israéliens. Il est donc possible, que la Syrie se rapproche du cas Libanais, avec une partie de son État et de son territoire contrôlé par Téhéran. Par ailleurs les deux parrains du régime se livrent une lutte d’influence, afin d’exclure l’autre du processus de résolution du conflit. La Russie cherche à diminuer l’influence iranienne en rapprochant Damas de ses voisins arabes. De son côté, la Turquie harcèle continuellement le YPG. A l’opposé les EUA pourrait se retirer du Rojava, surtout s’ils se retirent d’Irak selon la doctrine du Pivot Asiatique. L’avenir de la Syrie reste donc lié au sort des armes. Les prochaines années semblent s’orienter vers un état intermédiaire entre le conflit gelé et la guerre ouverte, sans que pour autant l’équilibre des forces ne se modifie fondamentalement, à moins d’une offensive majeure, risquée pour tous les acteurs. 


La question du financement de la reconstruction. 


Sans souveraineté, la Syrie risque de se priver des investissements nécessaires pour sa reconstruction. Maintenant que la phase la plus violente de la guerre s’est éloignée, se pose la question du financement. Le coût de la reconstruction des actifs physiques selon la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l'Asie occidentale en 2021 s’élève à au moins 117 milliards de dollars. En 2021 le régime de Damas prévoit d’investir à cette fin 66 millions de dollars. Autrement dit, seul un « plan Marshall » issu de l’extérieur peut apporter les capitaux nécessaires. Isolé sur la scène internationale, le pays n’a pas accès aux fonds internationaux par le César Act. Ses deux parrains, Russie et Iran, n'ont pas les moyens financiers de reconstruire le pays, tellement les destructions sont importantes, d’autant plus que ces deux nations doivent d'abord songer à leurs propres développements. C’est particulièrement le cas pour l’Iran, dont la participation financière au conflit est difficilement estimable, mais se chiffre en plusieurs milliards de dollars. Les pays occidentaux ne sont pas disposés à payer, tant qu’une solution politique au conflit n’aurait pas été trouvée, ce qui est hautement improbable. Deux acteurs pourraient changer la donne : d’une part les Émirats Arabes Unis. Damas et Abu Dhabi entretiennent de bonnes relations, mais pour l’instant les Emirats n’ont pas manifesté publiquement de volonté de participer au processus. D’autre part la Chine, qui apporte un soutien majeur au régime syrien, qui semble parier sur cet acteur. Il a été observé une sinisation du marché Syrien (en territoire loyaliste) notamment dans le secteur automobile, où les voitures occidentales et russes ont quasiment disparu au profit des produits chinois.  Toutefois les entreprises chinoises se méfient du risque et rechignent à s’aventurer sur un terrain qu’elles connaissent bien moins que leurs potentielles concurrents russes et iraniens.  La Syrie reste une zone économique fragile, avec une hyperinflation, des populations très appauvries et des réseaux criminels très puissants. 



L’équation du financement de la reconstruction semble pour l’instant insoluble dans un pays privé de souveraineté, divisé en trois régions opposées, coincé dans une guerre interminable et soumise à une crise économique renforcée par l’effondrement de l’économie Libanaise. L'avenir est sombre, et pour l'instant, sans espoir visible.





Jean Desbois

Si vous désirez citer ou utiliser ce travail, merci de nommer l'auteur dans vos sources, le lien du blog, ainsi que le nom de l'ouvrage et sa date de parution. 

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